Danis Bois, fondateur de cette approche, est docteur en sciences de l’éducation et titulaire d’une chaire en sciences sociales à l’Université Fernando Pessoa de Porto au Portugal où il dirige le Centre d’étude et de recherche appliquée en psychopédagogie perceptive, le CERAP. Né en 1949, il commence sa carrière professionnelle comme kinésithérapeute et ostéopathe.
Ce praticien pragmatique et rationnel a pressenti qu’une thérapie manuelle globale, centrée sur le patient, pouvait le rendre acteur de sa santé. « En travaillant chaque jour en relation avec la fibre sensible du corps humain, j’ai rencontré toute une vie subjective, riche, foisonnante, dans l’intériorité du corps. »
La fasciathérapie a donné naissance à la somato-psychopédagogie selon une dynamique chronologique qui s’est déclinée en quatre séquences :
- La fasciathérapie : la découverte d’une qualité de toucher manuel
- La gymnastique sensorielle : la rencontre avec la gestuelle authentique
- L’introspection sensorielle : l’apprivoisement du silence
- L’entretien verbal : la mise en mots de son ressenti corporel
Les années 80 : Émergence de la fasciathérapie
« Le fascia est véritablement le squelette psychique de l’individu, imprimant en lui tous les stress physiques ou émotionnels qu’il subit. Cela se traduit au niveau corporel par des crispations durables du fascia, créant des zones plus ou moins denses qui entravent sa mobilité. »
Les années 90 : La gymnastique sensorielle
« Créer les conditions pédagogiques qui permettraient à la personne de faire l’expérience d’elle-même dans son rapport au corps. En 1991, j’associais au toucher relationnel une pédagogie de l’action. »
Vers les années 2000 : L’introspection sensorielle
« L’introspection sensorielle invitait à une analyse introspective très active de l’intériorité du corps, constituant un nouvel instrument pratique venant s’ajouter à la relation d’aide manuelle et à la relation d’aide gestuelle. Mais l’introspection sensorielle ne développait pas seulement le mode du sentir, elle sollicitait également un déploiement du mode du penser. »
Au début du troisième millénaire : La parole sensible
« Laisser vivre une parole authentique, ancrée, incarnée dans la chair, une parole qui ne laisserait aucun espace entre ce qui est perçu dans le corps et ce qui est dit et qui, finalement, exprimerait le contenu de l’état d’être jusque-là silencieux. »
[1] Toutes les citations de ce texte proviennent de l’article de Danis Bois : De la fasciathérapie à la somato-psychopédagogie



